Les collégiens sont-ils heureux ?
Les collégiens se sentent « plutôt bien » ou « tout à fait bien » dans leur établissement scolaire, selon une étude de la Depp* pour 2021- 2022. Ils sont 91 % à bien vivre l’ambiance de la classe. Un chiffre à comparer aux résultats de la dernière enquête Pisa** en 2018 : les élèves en France étaient déjà plus nombreux que la moyenne de l’OCDE à « déclarer qu’il y avait du bruit et du désordre dans la plupart ou tous les cours » 50 % d’entre eux contre 33 % dans l’OCDE. Pour deux élèves français sur cinq, cette situation était ressentie comme « gênant leur apprentissage » contre un sur quatre dans l’OCDE. Avec l’Argentine et le Brésil, la France fait partie des pays dans lesquels les problèmes liés à la discipline donnent lieu à des préoccupations.
Relations entre pairs
Par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE, les Français se sentent plus faibles vis-à-vis de « l’auto-efficacité » et ont une plus grande peur de l’échec. « Près de trois filles sur quatre ont déclaré que lorsqu’elles échouent, elles ont peur de ne pas avoir assez de talent, ou qu’elles doutent de leurs plans pour l’avenir »

Contre un garçon sur deux. Selon la Depp, 45 % seulement observent une coopération contre 62 % en moyenne dans l’OCDE et 41 % estiment être en compétition entre eux contre 50 % en moyenne pour l’OCDE. Malgré tout, plus de huit élèves sur dix trouvent que règne une bonne ambiance entre eux et avec les professeurs ; 89 % des filles et 87 % des garçons déclarant avoir « plutôt beaucoup » ou « beaucoup » d’amis. 84 % des élèves trouvent agréable leur établissement scolaire, une hausse de 7 points par rapport aux éditions précédentes de l’enquête de la Depp. Les collégiens situés en Rep+, estiment à 78 % qu’ils ont une bonne relation avec leurs enseignants qu’ils les encouragent, contre 73 % dans les autres collèges. 77 % d’entre eux contre 73 % observent que leurs professeurs « s’intéressent à leur avenir ». Malgré cela, la situation se dégrade au fil des années de scolarisation. Alors qu’en sixième ils sont 81 % à se sentir encouragés en zone Rep+, ils ne sont plus que 66 % en troisième. De même pour le collégiens en zone Rep+ le jugent « très bon », contre 71 % en troisième.
Des violences toujours présentes au sein des collèges
Selon l’étude de la DEPP, 54 % des élèves se plaignent de vols, 44 % de surnoms désagréables, 43 % d’insultes et 43 % de mise à l’écart ; 46 % affirment « avoir été victimes d’au moins une violence de façon répétée durant l’année scolaire ». Les filles sont en moyenne plus visées ; 7,1 % (4,4 % en 2017) contre 6,3 % des garçons. Elles sont également 10 % à avoir reçu des insultes sexistes. 4 % des collégiens filles et garçons confondus ont subi « des insultes par rapport à leur origine ou la couleur de leur peau « Seulement 30 % des élèves en ont parlé, principalement à leurs parents. Dans la plupart des cas, l’intervention d’un adulte améliore la situation. Les cas de cyberviolence concernent 28 % des élèves. « La diffusion de photos, de films ou de rumeurs » est également fréquente sur internet. Des violences plus graves sont également présentes dans les établissements ; 6 % des collégiens disent avoir subi des caresses forcées, 3 % des baisers forcés, et 4 % déclarent avoir été attaqués par une arme ou objet dangereux.
* Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance.
** Programme international pour le suivi des acquis des élèves.